Archive for the ‘ Ecarts syntaxiques (syntaxismes) ’ Category

Ambiguïté syntaxique

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L’ambiguïté donne lieu à deux interprétations : « l’attestation de soins donnés » qui est à remettre au médecin ou « l’attestation de soins donnés au médecin ».

Le complément « au médecin » dépend du verbe « présenter » dans le premier cas et de « donnés » dans le second. Le contexte ne permet que la première interprétation, mais il n’en reste pas moins que la seconde est syntaxiquement valable. Le changement de position du syntagme lève l’ambiguïté : « Durant la consultation, n’oubliez pas de présenter au médecin l’attestation de soins donnés, afin qu’il puisse la signer et que vous soyez remboursé ».

Par ailleurs, ce texte illustre le concept d’hypercorrectisme (écart linguistique qui résulte d’une volonté de s’exprimer de manière tellement correcte qu’on en vient à produire des énoncés fautifs)  : « vous » étant la personne qui a reçu les soins, il n’y avait pas lieu d’accorder au pluriel. La personne qui a voulu corriger le panneau y a inséré une faute d’orthographe grammaticale.

Personnellement, j’aurais corrigé ce panneau en tant que féministe et ajouté une petite précision : « remboursé(e) » ou « remboursé.e » , ce qui aurait été tout à fait correct vis-à-vis des femmes ET de la grammaire!

 

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Accord par syllepse

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Un accord par syllepse est un accord selon le sens et non la grammaire.

Ici, le sujet de la seconde phrase, renvoyant au syntagme « un couple » du premier énoncé, aurait dû être au singulier, et non au pluriel.

Syntaxisme : la place de l’adjectif compte

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La place de l’adjectif compte parfois en français! Si la plupart du temps, elle n’a pas de conséquence sur le sens (bonnet blanc et blanc bonnet), dans ce cas-ci, la postposition de l’adjectif signifie que la fille de M. Jackson n’a pas de fratrie. Or, on sait qu’il n’en est rien, elle a deux frères. L’adjectif aurait dû être antéposé (l’unique fille) pour laisser de la place aux frères de Paris.

Je n’ai pas encore de nom pour cet écart de syntaxe… Une impropriété syntaxique? Mais l’impropriété étant un concept lexical,  je réfléchis toujours à la meilleure manière de noter cette linguistiquerie rare.

 

Ambiguïté syntaxique

capture-decran-2016-11-11-a-18-26-54 (sur la page Facebook « Marre des fautes d’orthographe »)

La position du complément prépositionnel « dans notre salle d’attente », directement après le verbe, peut laisser entendre qu’il est complément de « acheter ». Or, les revues ne sont pas achetées dans la salle d’attente, et ce constat, en étant largement partagé, permet de considérer que le contexte phrastique lève l’ambiguïté.

Pour rappel, une ambiguïté syntaxique renvoie à un énoncé contenant deux interprétations syntaxiques potentielles. Ici, c’est le support du syntagme prépositionnel qui peut être soit complément de « acheter » (peu plausible), soit complément de « laisser » (interprétation préférée). Pour éviter cette faiblesse de style, il aurait fallu écrire : Merci de laisser dans notre salle d’attente les revues que nous achetons (…)

Par ailleurs, les mots « lecture » et « récente » auraient gagné à être orthographiés au pluriel, puisqu’ils correspondent aux revues.

Défaut d’accord grammatical ou syllepse de genre?

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Dans le magazine Closer de cette semaine, le mot « accusé », pourtant participe passé employé comme adjectif portant sur « la star », n’est pas accordé au féminin. Un oubli grammatical ou un (manque d’) accord par syllepse, vu que la star en question est masculine? Pour rappel, un accord par syllepse est un accord selon le sens et non la grammaire (comme dans : Une foule de gens se sont rendus au parc).

Anacoluthe ou ambigüité

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Le syntagme prépositionnel placé en début de phrase pourrait porter sur le sujet de la principale. C’est la mamie qui a presque cent ans, non le saut.

Il s’agit donc d’un syntaxisme (phénomène syntaxique remarquable, parfois faute parfois effet de style) d’une anacoluthe, ce qui signifie une rupture de la construction syntaxique.

On pourrait également y voir une ambigüité syntaxique (deux possibilités d’interprétation syntaxique), levée par le cotexte.

Si voir le saut vous intéresse, c’est ici.

Une petite syllepse encore…

syllepse fautive

L’accord par syllepse  (selon le sens et non la grammaire) peut expliquer le pluriel du verbe après le sujet singulier « tout l’monde ». Il peut donc ne pas s’agir d’une faute d’orthographe grammaticale classique, mais d’une syllepse de nombre.

Pour expliquer cette linguistiquerie (phénomène linguistique remarquable), nous dirions que le pluriel grammatical correspond à un désir inconscient de l’énonciatrice d’insister sur le grand nombre de personnes qui souhaitaient faire l’acquisition de cette pelle. Si l’on peut comprendre la syllepse, il nous est plus difficile de l’accepter et de la considérer comme un effet de style. « Tout l’monde » n’a pas droit à la pelle, ni à la licence poétique…